Trouble du Déficit de l’Attention (TDA) sans hyperactivité : quelle différence ?

Retour à toutes les fiches Guide

Le terme « hyperactivité » est souvent utilisé pour désigner tout trouble du déficit de l’attention, à tort malheureusement. Car en réalité, un enfant qui souffre de trouble déficitaire de l’attention n’est pas obligatoirement hyperactif, et inversement, un enfant hyperactif ne souffre pas forcément d’un déficit de l’attention. Bien qu’il s’agisse d’un même trouble et qu’il soit attribué à la même cause, tout est en réalité question de prédominance de symptômes. Ainsi, on peut en distinguer trois sortes :

  • Le trouble déficitaire de l’attention avec prédominance de l’hyperactivité, que l’on appelle généralement « TDAH »
  • Le trouble avec prédominance de l’inattention sans hyperactivité et impulsivité, que l’on appelle généralement « TDA »
  • Le trouble avec prédominance de l’hyperactivité et de l’impulsivité, sans déficit de l’attention, que l’on appelle généralement « Hyperactivité ».

Il y a donc une différence notable entre ces trois troubles, mais dans cet article, nous nous intéresserons particulièrement au TDA sans hyperactivité et à ses différences, bien qu’évidentes, avec le TDA avec hyperactivité.

 

1) Le TDA sans hyperactivité : qu’est-ce que c’est ?

Tout comme le TDAH, le TDA sans hyperactivité est un trouble neurocomportemental, à la différence près que l’enfant touché ne souffre pas d’impulsivité et d’hyperactivité, mais uniquement de trouble d’attention et de concentration. Le TDA sans hyperactivité regroupe ainsi de nombreux résultants de son incapacité à maintenir son attention et à se concentrer sur une tâche précise pendant un temps plus ou moins long. Les enfants qui souffrent de ce type de trouble éprouvent de grandes difficultés à demeurer attentifs à une même tâche comme copier une leçon, faire un devoir, lire un livre voire même suivre une conversation lorsque ces dernières durent plus d’une dizaine de minutes, un quart d’heure maximum. Ce sont également des enfants qui ont extrêmement du mal à résister aux « stimuli extérieurs ». Autrement dit, ils sont facilement distrayants, ils peuvent être dérangés par n’importe qui et n’importe quoi : le mouvement de son camarade de classe, la chute d’un stylo, le bruit d’une voiture, la vue d’un jouet et même le tic-tac d’une horloge.

 

2) Les causes du TDA sans hyperactivité

Tout comme le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, le TDA est causé par des déficiences neurologiques. Les recherches jusqu’ici menées ont conclu que le problème se situerait au niveau du cortex préfrontal, zone cérébrale responsable justement de l’attention, de la réflexion, de la planification et de l’inhibition. Malheureusement, les informations sur la nature réelle du problème n’ont pas encore été révélées, car pas encore découvertes. Selon les chercheurs, il pourrait s’agir d’une anomalie de la transmission de messages entre les différentes composantes de cette zone, mais d’autres avancent plutôt une anomalie au niveau du développement de cette partie, on parle alors d’un cortex qui, pour une raison ou pour une autre, n’est pas arrivé à maturité normalement. Contrairement à ce que l’on semble penser par conséquent, il n’est pas dû à une éventuelle défaillance intellectuelle et bien moins à un manque de motivation ou de volonté, et subséquemment à de la paresse. L’éducation ou la mauvaise éducation des parents n’est pas non plus remise en doute, au même titre qu’un éventuel manque d’affection ou de maturité. Tout cela signifie que l’incapacité pour l’enfant de se concentrer et de retenir son attention n’est pas faite exprès et subséquemment, tout effort qu’il fournira pour surmonter son trouble ne suffira pas pour le guérir. Le TDA sans hyperactivité est une maladie neurologique persistante qui, malgré les prises en charge disponibles à ce jour, sera présente jusqu’à l’âge adulte malheureusement.

 

3) Comment se manifeste le TDA sans hyperactivité ?

Le TDA, comme son nom l’indique, se manifeste par des difficultés majeures chez l’enfant touché à se concentrer sur une tâche pendant une période plus ou moins longue. On parle de « déficit », car son attention peut être soit totalement inexistante, soit limitée à quelques dizaines de minutes seulement. Un enfant souffrant de trouble déficitaire de l’attention sans hyperactivité est généralement dépourvu de l’attention sélective, de l’attention soutenue et de l’attention divisée.

  • L’attention sélective : Il n’est pas capable de concentrer son attention sur un objet ou une tâche précise comme écouter la maîtresse ou regarder au tableau, parce qu’il se laisse facilement distraire par les nombreux stimuli extérieurs qui l’entourent.
  • L’attention soutenue : Il n’est pas capable de maintenir son attention suffisamment longtemps sur une tâche ou sur une cible comme faire ses devoirs, copier sa leçon ou lire un livre, c’est-à-dire pendant un long moment.
  • L’attention divisée : Il n’est pas capable de se concentrer sur deux choses simultanément comme copier la leçon tout en écoutant les explications de la maîtresse.

4) Les symptômes du TDA sans hyperactivité

Les symptômes du TDA peuvent être remarqués dès l’entrée à la maternelle. Cependant, dans la mesure où les problèmes de concentration peuvent également être considérés comme faisant partie intégrante du processus de développement de l’enfant, le TDA sans hyperactivité n’est diagnostiqué qu’à partir de 5 ans.

Ces symptômes sont :

  • L’incapacité de retenir son attention sur une tâche précise au-delà de 15 minutes maximum ;
  • L’incapacité de résister aux distractions qui l’entourent, comme la vue de crayons de couleur, le bruit d’une voiture qui passe, et ce, pendant l’exécution d’une tâche ;
  • L’incapacité d’achever une tâche jusqu’à son terme ;
  • L’incapacité à retenir les consignes qu’on lui donne ;
  • L’incapacité de se concentrer sur une conversation ;
  • L’incapacité à planifier et à organiser ce qu’il fait ;
  • Une tendance à éviter les activités nécessitant un effort mental soutenu ;
  • Une tendance à s’isoler et à adopter un comportement antisocial;
  • Une tendance à avoir recours à la violence;
  • Une tendance à égarer ses affaires.

5) Les conséquences du TDA sans hyperactivité dans la vie de l’enfant

L’échec scolaire est sans doute la répercussion la plus lourde du trouble du déficit de l’attention sans hyperactivité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le TDA ne peut être diagnostiqué qu’en cours du cursus scolaire, théâtre où l’attention et la concentration sont des aptitudes indispensables. Toute difficulté académique n’est cependant pas obligatoirement due à un TDA. Avant de prononcer le diagnostic ainsi, il est nécessaire d’éliminer au préalable tout trouble de l’apprentissage pouvant également provoquer des difficultés scolaires comme la dyslexie, la dysphasie, la dyspraxie, la dysgraphie ou autre. Le trouble déficitaire de l’attention peut également s’associer à d’autres symptômes impactant sur sa vie quotidienne : les troubles dysexécutifs (Le système exécutif assure la planification, la supervision et la gestion de la pensée et du comportement.

Le syndrome associé est en fait une défaillance de ce système. Les enfants atteints manifestent un manque d’initiatives, un défaut d’inhibition, des problèmes de stratégie et des difficultés en mémoire de travail. Le syndrome dysexécutif peut être associé à des troubles de l’attention et un manque de confiance en soi.) Ces derniers se manifestent généralement par une inaptitude dans la planification et l’organisation. L’enfant TDA peut ainsi se montrer très mal organisé et peut avoir de grandes difficultés à planifier et à structurer les tâches qu’il doit accomplir.

 

6) Comment traiter le TDA sans hyperactivité ?

Dans la mesure où le TDA est d’origine neurologique, il n’est donc pas possible de le guérir au jour d’aujourd’hui. L’enfant qui en souffre devra sans doute grandir avec son trouble et vivre avec même à l’âge adulte. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui de nombreux traitements qui visent à alléger les symptômes et à améliorer sa vie. Le TDA peut être traité de deux manières : la médication et les aménagements.

  • Le traitement du TDA sans hyperactivité avec la médication : Le trouble déficitaire de l’attention sans hyperactivité peut se traiter avec des psychostimulants qui ont pour rôle de booster la production de la dopamine, neurotransmetteur responsable de l’attention, de la pensée et de la concentration. Les expériences ont montré que ces médicaments sont particulièrement efficaces chez 80 % des patients. Cependant, avant la prise, il faudra trouver la dose idéale pour chaque enfant, car une dose plus faible n’aura aucun effet tandis qu’une dose trop importante aura l’effet inverse : il sera d’autant plus nerveux !
  • Quels sont ces médicaments ? Sur le marché, vous trouverez le méthylphénidate sous la forme de Concerta, de Ritalin et de Biphentin. Comme toute médication, ils peuvent provoquer des effets secondaires comme la perte d’appétit, les troubles du sommeil, les maux de tête, les douleurs abdominales et l’anxiété. Voilà pourquoi, ce type de traitement n’est prescrit que lorsque toutes les autres prises en charge n’ont pas fonctionné.

7) Les aménagements possibles pour alléger le TDA sans hyperactivité

Aujourd’hui, plusieurs méthodes et stratégies d’aménagement sont possibles pour aider l’enfant à surmonter les symptômes du trouble déficitaire de l’attention. En voici quelques exemples :

Inattention :

  • Limiter les sources de distraction Stimuli parasites;
  • Placer le pupitre de l’élève près de l’enseignant;
  • Placer l’élève à côté d’un camarade calme;
  • Laisser sur le pupitre uniquement ce qui est nécessaire Attention de courte durée;
  • établir un contact visuel fréquent;
  • utiliser le tableau et des supports visuels;
  • fragmenter les tâches longues en étapes courtes;
  • favoriser l’action de l’élève : participation orale, prise de notes

Fatigue Compréhension des consignes, niveau d’écoute:

  • privilégier la qualité à la quantité du travail;
  • donner une seule consigne à la fois;
  • s’assurer de l’attention de l’élève;
  • utiliser un signe non verbal convenu;
  • énoncer la consigne par une phrase courte, simple, affirmative et positive;
  • faire reformuler la consigne par l’élève;
  • écrire la consigne au tableau

Organisation :

  • inscrire le nom de l’enfant sur chaque objet;
  • préférer le cahier au classeur;
  • utiliser un code de couleur par matière;
  • écrire au tableau les étapes successives d’un travail;
  • utiliser la pendule de la classe à l’école;
  • annoncer l’emploi du temps de la demi-journée l’écrire au tableau;
  • au collège, au début de chaque cours, annoncer le chapitre de la leçon ou son étape, l’écrire au tableau ainsi que le plan du cours;
  • établir des listes de routines pour certaines tâches;
  • instaurer des routines hebdomadaires;
  • avertir à l’avance plusieurs fois tout changement dans les routines ou l’organisation;
  • s’assurer que l’élève note tous les devoirs à faire à la maison dans son agenda et à la bonne date. Idem pour le matériel à apporter quand c’est inhabituel.

Investir un travail, lenteur d’exécution :

  • s’approcher de l’élève, lui répéter la consigne;
  • l’encourager, si besoin l’aider à démarrer Découragement, démobilisation, blocage;
  • adapter la tâche au niveau de l’élève;
  • chaque fois que l’élève termine une étape, le féliciter : « c’est bien, continue ainsi » et si l’enseignant passe à côté de l’élève, il peut poser sa main sur son épaule pour l’encourager • faire un renforcement positif fréquent, récompenser par des remarques agréables ses efforts comportementaux : travail, attention, respect des consignes, etc…
  • lui confier des responsabilités : accompagner un camarade à l’infirmerie, faire une commission
  • permettre l’utilisation d’une balle antistress à malaxer atténuer les tensions par l’humour
  • prévoir la possibilité pour l’élève de quitter la salle pour se rendre à l’infirmerie (ou chez le CPE dans le second degré) afin d’éviter une crise. Cela lui permettra de s’apaiser.

 

HyperSupers TDAH France dys-positif.fr